Antibiotiques : encore un cri d’alarme des spécialistes !

La chlorelle stimule naturellement le système immunitaire

Les bactéries sont de plus en plus résistantes, les médecins de plus en plus désarmés et les patients toujours aussi demandeurs de ces traitements.

Ce matin, c’est Le Parisien-Aujourd’hui en France qui fait sa une sur l’augmentation du nombre de bactéries résistantes aux antibiotiques, avec le cri d’alarme de spécialistes et d’associations de patients comme la Fédération française des diabétiques. Il y a deux jours, l’Organisation mondiale de la santé évaluait à 500 000 le nombre de personnes ayant une infection bactérienne antibiorésistante dans les 22 pays ayant fourni des données. En fin d’année dernière, le professeur Antoine Andremont signait un livre au titre explicite, Antibiotiques, l’overdose, préfacé par Bernard Kouchner. Manifestement, rien n’y fait. Du moins en France, où une grande campagne est annoncée pour 2019.

Le constat est toujours le même : ces formidables médicaments, qui nous ont sauvés des affections les plus terribles depuis soixante-dix ans, ont commencé à perdre leur efficacité depuis une vingtaine d’années, quand des infections nosocomiales se sont propagées d’abord dans puis hors de l’hôpital. Depuis, la situation ne cesse de se dégrader. Malgré tous les messages de santé publique, dont le toujours célèbre « Les antibiotiques, c’est pas automatique », la consommation nationale de ces médicaments, déjà bien supérieure à celle de nos voisins, repart à la hausse. C’est ce que souligne le professeur Éric Senneville, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Tourcoing (Nord), dans Le Parisien. Il en appelle à une prescription bien plus raisonnée, au respect de l’hygiène et à la recherche de nouvelles molécules plus ciblées.

Un dispositif d’aide à la prescription
L’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a, pour sa part, décidé de mettre en ligne à la mi-janvier un outil d’optimisation des prescriptions antibiotiques, Antibioclic+. Il est destiné aux médecins de ville, puisque qu’une antibiothérapie est « initiée toutes les six consultations en médecine générale », ce qui favorise évidemment l’apparition de bactéries multirésistantes dans la flore digestive des patients franciliens, qui consomment 8 % d’antibiotiques de plus que la moyenne nationale. Ce dispositif fournit notamment une aide à la prescription (ordonnances préremplies, calcul de doses pour la population pédiatrique, intégration des données microbiologiques pour les infections urinaires) et à la non-prescription (avec des fiches d’information à destination des patients, parfois difficiles à convaincre). Il va être testé pendant un an.

Quant au professeur Andremont, il se désole, comme la plupart des autres spécialistes, du désengagement des laboratoires qui pénalise la recherche. « Le grand défi qui attend les industriels et les politiques, c’est d’inventer un modèle économique viable qui permette de renoncer aux antibiotiques à large spectre pour développer des produits de niche, utilisés seulement s’ils sont nécessaires, grâce à des tests diagnostiques qui restent à inventer, écrit-il. Ce modèle suppose de vendre ces produits chers et donc d’abandonner l’idée que les antibiotiques sont des produits bon marché. » Dans son livre, il raconte même que, pour sauver ces médicaments, certains proposent de les inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco…

Article publié sur www.lepoint.fr par Anne Jeanblanc le 1er février 2018

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