Les Français mangent de plus en plus vert

green bloom semble s’inscrire parfaitement dans cette tendance alimentaire

L’assiette des Français change de composition, avec deux tendances lourdes : une hausse de la consommation de produits biologiques et une baisse de celle de viande. Ainsi, 15 % des Français mangeaient quotidiennement des aliments bio en 2016, contre 9 % en 2014, selon le baromètre Agence Bio/CSA Research. Leur première motivation est la santé, suivie de la préservation de l’environnement, puis de la qualité et du goût des produits.

Résultats : tous circuits confondus, y compris la restauration collective, les ventes de produits issus de l’agriculture biologique ont dépassé 7 milliards d’euros fin 2016, soit environ 20 % de plus par rapport à 2015. Selon une étude de Xerfi Research, ce montant pourrait atteindre 9,3 milliards d’euros en 2020, soit 5,5 % des dépenses alimentaires totales en France, contre 2,9 % en 2015, selon l’Agence Bio.

De nouveaux consommateurs

Les catégories sociales les plus aisées, les femmes et les 29-49 ans sont jusqu’à présent les plus grands consommateurs de bio. « On voit cependant s’élargir cette base, qui n’est plus seulement CSP+. De nouveaux consommateurs arrivent depuis deux ans, qui ne mangent pas 100 % bio, mais ponctuellement ou pour certains produits (lait, oeufs…). Le bio est également devenu plus accessible en se diffusant en grande distribution, dans les marques de distributeurs. Le différentiel de prix se réduit, car la grande distribution réalise des économies d’échelle grâce à des volumes de commandes plus importants », explique Céline Laisney, directrice d’AlimAvenir. Les produits biologiques les plus consommés sont les fruits et légumes, les produits laitiers et les oeufs.

La santé est aussi la première raison qui pousse les Français à diminuer leurs achats de viande. La surconsommation des produits carnés (viande rouge, viande transformée) est en effet liée à des risques accrus de maladie cardiaque et de diabète notamment. A ces facteurs, s’ajoute la montée des préoccupations sur le bien-être animal et sur l’environnement.

Après avoir régulièrement augmenté après la Seconde Guerre mondiale, cette consommation décroît depuis les années 1990 (voir graphique). Toutes les viandes sont concernées, à l’exception de la volaille dont la consommation augmente. Cette réduction de la viande dans les assiettes s’est accélérée après 2008 du fait de la crise économique, mais aussi de la manière dont sont composés les repas.

CONSOMMATION INDIVIDUELLE DE VIANDE EN FRANCE, EN KG ÉQUIVALENT CARCASSE PAR HABITANT

« Les attentes en matière de santé, conjuguées à un vieillissement de la population, constituent le principal moteur de cette tendance », analyse une étude récente. Les personnes âgées mangent en effet moins et incluent, en outre, une plus faible proportion de viande dans leur alimentation.

Equilibre budgétaire

Le lien entre hausse de la consommation de produits bio et baisse de celle des viandes rouges est aussi économique : « passer une large partie de son alimentation en bio coûte cher et diminuer la part de la viande, premier poste dans le budget alimentaire, est une façon de rééquilibrer celui-ci… C’est aussi ce qui se fait dans les cantines qui passent à 80 % ou 100 % bio : on joue sur la taille des portions de viande, sur la réduction du gaspillage, etc. », analyse Céline Laisney.

La part de végétariens chez les consommateurs réguliers de bio est d’ailleurs plus élevée que dans la population en général : 15 %, contre 3 % environ. Selon les experts de Xerfi, les ventes en grandes surfaces de produits de traiteur végétal ont augmenté de 82 % en 2016. Les produits végétariens représentent un nouvel eldorado pour le marché agroalimentaire.

Par Claire Alet, publié sur www.alternatives-economiques.fr le 8 juin 2017

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