Green Bloom sert les microalgues au verre

Si les insectes ne sont pas encore dans notre assiette, les microalgues sont déjà dans nos verres. C’est le pari de Pierre Lainé, 43 ans, qui s’est associé avec René-Jean Guillard (LDC Algae) pour commercialiser de la chlorelle fraîche, que ce dernier produit à Plougenast (22), sur le marché de l’alimentation humaine. Green Bloom, qui sera officiellement lancée fin septembre, propose un concept associant une machine pour conserver et distribuer cette microalgue fraîche et des recharges de ce nouvel aliment présenté sous forme de boisson. L’ensemble est commercialisé exclusivement sur internet.

La machine conserve et distribue la chlorelle fraîche (3 litres). Un système de bulles brasse et aère la microalgue, et la lumière ambiante permet sa photosynthèse. Elle reste vivante et parfaitement consommable pendant plusieurs semaines

CIRCUIT COURT
« La chlorelle fraîche est un produit vivant qui a besoin de lumière et de CO2 pour conserver toutes ses qualités, indique le dirigeant de la filiale. C’est pourquoi nous avons choisi de la distribuer en circuit très court en direct de la ferme de production. » En 48 heures, Green Bloom affirme être à même de livrer n’importe quel consommateur en France. La boisson conserve toutes ses qualités gustatives pendant ensuite 15 jours et ses qualités nutritionnelles pendant plusieurs semaines. Connue depuis le 19e siècle, cette microalgue est composée de plus de 50% de protéines (soit le double de la viande) végétales. S’y ajoutent enzymes, vitamines, acides gras essentiels insaturés, minéraux, fibres et surtout chlorophylle. Elle a, selon la littérature scientifique sur le sujet, de nombreuses vertus : elle est notamment détoxifiante en régulant le système hépatique et stimule les défenses immunitaires de l’organisme. Un petit verre le matin, comme on prend un jus de citron ou un jus d’orange, est préconisé par ses promoteurs.

UN ALIMENT EN TANT QUE TEL
Cet aliment n’a pas eu besoin d’une autorisation de mise sur le marché contrairement aux aliments à base d’insectes par exemple car il était déjà consommé dans la Communauté européenne avant 1997 notamment sous forme de poudre. Aux USA, la Nasa en donne à ses spationnautes depuis les années 1960 ! Si la texture de cette boisson est celle de l’eau, le « goût naturel est proche de celui des sous-bois », indique Pierre Lainé. Deux saveurs aromatisées sont aussi proposées : Wild aux notes poivrées, mentholées et citronnées et Eden aux notes plus acidulées. Les trois ont été testées par des consommateurs pendant deux mois cet été. Les adultes ont préféré le Wild à 60%, les ados l’Eden. « Cette boisson ouvre de larges possibilités de consommation : pure, en mélange dans un cocktail, dans la cuisine ouù sa couleur verte et son goût de sous-bois peuvent intéresser les chefs. C’est un aliment en tant que tel », affirme le dirigeant.

MODÈLE ÉCONOMIQUE
Seul pour l’instant aux manettes et coactionnaire (minoritaire) de la société aux côtés de LDC Algae, il se rémunérera sur la vente de machines (de la taille d’une petite Nespresso), vendues moins de 100 euros, mais surtout sur la vente des recharges (800 ml, soit la dose recommandée pour une personne pour une semaine). Les recharges sont proposées sous forme d’abonnement, modulable directement par le client depuis son compte « au prix d’un forfait internet », consent pour l’instant à indiquer le dirigeant. Il peut choisir la quantité, interrompre ou reprendre son abonnement…Des fioles de découverte sont aussi proposées avec les trois goûts. Objectif annoncé : 1 000 abonnements à la fin 2017 et 10 fois plus à la fin 2018.

UNE PRODUCTION DE 7 000 TONNES
La chlorelle est produite en Bretagne par voie de méthanisation dans une ferme de 40 hectares autosuffisante et à énergie positive. Pour obtenir une production à coût réduit, à même de proposer la microalgue à un prix abordable, le process a été industrialisé par René-Jean Guillard, spécialiste en process agroalimentaire en association avec la société chinoise Skyworld. La production qui débute devrait atteindre 7 000 tonnes de chlorelle fraîche par an à pleine capacité (en 2018). LDC Algae vise trois marchés : la cosmétique, l’alimentation des animaux d’élevage et l’alimentation humaine.

Pierre Lainé, 43 ans est originaire de Brest. Green Bloom est sa deuxième création de société

BIO EXPRESS
Brestois d’origine, Pierre Lainé était auparavant responsable des ventes de semi-conducteurs chez AMD à Paris avant de co-fonder il y a 2 ans une start-up dans le numérique (Exalt3D) incubée à Marseille. Il a revendu ses parts pour porter le projet Green Bloom au niveau commercial et marketing.

Article de La Lettre API publié sur www.agence-api.fr par Olivia Bassi le 11 septembre 2017

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